Il arrive un moment où la réalité rattrape même les guerriers les plus acharnés. Et pour Brendan Gallagher, ce moment semble approcher dangereusement.
Match après match, on voit de plus en plus clairement que le vétéran du Canadien peine à suivre le rythme infernal de la LNH moderne.
On connaît tous son histoire : un coeur immense, un moteur sans fin, un joueur qui a toujours tout laissé sur la glace. L'an dernier, il avait d'ailleurs fait mentir bien des sceptiques avec une saison de 21 buts qui rappelait ses plus belles années.
Mais cette saison, le portrait est bien différent.
St-Louis devra aborder un sujet délicat : le rôle réel de Gallagher
Dans une récente discussion entre Tony Marinaro et Éric Bélanger, un thème est ressorti avec insistance : Gallagher ne peut plus être utilisé comme un joueur régulier dans toutes les situations.
Selon eux, Martin St-Louis n'aura bientôt plus le choix d'avoir une conversation franche avec l'attaquant de 33 ans. Non pas pour lui manquer de respect, mais pour l'aider à s'ajuster à la réalité de son jeu actuel.
« Brendan Gallagher, le prochain un an et demi, ça va être difficile.
Y'en arrache au niveau du cardio et au niveau de la vitesse. [...]
Il faut que tu aies une discussion avec pour y dire : "pour ton bien, tu ne joues pas aujourd'hui". »
Bélanger a même raconté à quel point Gallagher avait semblé au bout du rouleau lors du match au Colorado : deux matchs en moins de 24 heures, un voyage, un changement d'altitude et un numéro 11 qui semblait traîner un piano sur le dos.
Le hic, c'est que Gallagher touche encore 6,5 M$ cette saison et l'an prochain. Et même s'il continue de travailler comme un acharné, l'écart entre l'effort et le résultat devient trop grand pour être ignoré.
On ne parle plus ici d'un simple passage à vide. On parle d'un joueur qui doit être protégé contre lui-même.
Le scénario qui se dessine semble de plus en plus clair : limiter son temps de jeu, lui offrir des soirs de congé dans les séquences de deux matchs en deux soirs et, éventuellement, envisager un rôle de 13e attaquant.
C'est difficile, c'est émotif mais c'est peut-être le seul moyen de prolonger sa carrière et de le garder utile au sein de l'équipe.
Les prochains mois diront si Gallagher peut encore réinventer son jeu, ou si la transition vers un rôle réduit est devenue inévitable.